Les tourbières


Les tourbières résultent de l’accumulation de matière végétale constituant la tourbe, faiblement minéralisée. Elles se forment lorsque le sol est constamment engorgé d’eau. Elles sont plus abondantes sous un climat frais et humide.
Ce sont des milieux fragiles dont l’édification se réalise sur une période de plusieurs centaines d'années à plus de 10 000 ans.- les tourbière sont rares du fait des fortes modifications qui ont été induites par la dernière glaciation.

Elles représentent environ 100 000 ha et se rencontrent principalement dans les massifs montagneux du Jura, des Vosges, des Alpes, des Pyrénées, du Massif central, des Monts d’Arrée, du Morvan et des Ardennes (ONZH, 2009), ainsi que dans diverses vallées comme en Picardie ou Nord-Pas-de-Calais. 

L’intérêt écologique des tourbières réside notamment dans la présence d’espèces végétales et animales originales et spécifiques, témoins des périodes climatiques froides passées. La remarquable diversité des types de tourbières présents en France ainsi que leur localisation en marge de leur aire optimale de répartition plus septentrionale renforcent cet intérêt et leur confèrent une valeur patrimoniale de niveau national et international. Elles ont aussi un rôle unique en tant qu’ "archives de la nature", car elles conservent remarquablement bien les pollens, spores ou autres éléments fragiles, permettant de dater et de préciser l’état du site et de ses environs durant les périodes où la tourbière s’est construite.

De manière succincte, il existe deux grands types de tourbières :

- Les « hauts-marais » ou « tourbières bombées » : principalement alimentés par les précipitations, les hauts marais se forment dans des régions très arrosées. Ils sont constitués d’une mosaïque de petites buttes et de dépressions colonisées par deux groupes végétaux majoritaires : les sphaignes - qui en construisent l’architecture - et les éricacées. Parfois, de petites flaques d’eau se forment au centre de la tourbière.

- Les « Bas-Marais » : ils occupent notamment des replats, cuvettes, ou talwegs alimentés par des sources et résurgences, ruisselets ou ruisseaux. Ils sont colonisés principalement par de laîches, des linaigrettes et des scirpes (espèces de la famille des Cypéracées). Les sphaignes, les éricacées et les joncs jouent un rôle mineur dans le milieu ou en sont absentes.

Un milieu présentant une physionomie et des caractéristiques intermédiaires entre ceux d’un haut et d’un bas-marais est appelé « bas marais de transition ». Il est souvent constitué de « tremblants », c’est-à-dire de radeaux semi-flottants de végétation.

Attention, pour les milieux en bordure de torrents avec des substrats neufs récemment remaniées par l’érosion, on parle aussi de « bas-marais arctico-alpin ». Il ne s’agit pas alors d’une tourbière ; il pourrait évoluer dans le temps pour en donner une.

Page mise à jour le 10/09/2015
Haut